Il y a un an, je naviguais sur Facebook et j’ai vu une vidéo promotionnelle de Redbull montrant des jeunes hommes en ski dans le backcountry : l’humain en train de se dépasser dans le froid et la poudreuse des plus belles montagnes de ce monde. Ce n’était pas la première fois que je voyais des vidéos de ce genre et je me suis demandé pourquoi on ne voyait jamais de filles dans ce type de publicités. À mes yeux, c’est comme si les sports extrêmes ou même le plein air étaient médiatisés et vendus par l’intermédiaire de la gente masculine. C’est à ce moment que m’est venue l’idée d’essayer le ski backcountry. Mieux encore, je voulais le faire avec un groupe de filles !

C’est ainsi que le 29 mars passé, je partais avec cinq de mes bonnes amies vers la Gaspésie, dans la Réserve faunique des Chic-Chocs, pour découvrir ce sport. Heureusement, nous partions en compagnie de Kamille, que j’ai connu à mon travail. Elle fait régulièrement du ski hors-piste et elle a accepté avec joie de nous montrer. On s’est rencontré quelques fois avant le départ pour s’organiser. Tout s’est déroulé tellement vite que du jour au lendemain, nous étions six filles passionnées de plein air dans un Airbnb à Sainte-Anne-des-Monts, prêtes à affronter la montagne pendant trois jours.

 

 

Le premier jour se résumait à aller skier au mont Miller afin de nous familiariser avec la descente en hors-piste. Il s’agit d’un centre de ski comme on les connait bien, la seule différence, les pistes ne sont pratiquement pas aménagées.  À notre grande surprise, le centre était fermé et nous nous sommes donc plutôt familiarisés avec le village de Sainte-Anne-des-Monts. Le deuxième jour, nous sommes allées chercher notre équipement, que nous avions préalablement loué chez Caroune Ski Shop. Pour ceux étant peu familiers avec l’équipement hors-piste, cela comprenait des skis et des bottes spécifiques au hors-piste ainsi que des peaux d’ascension à installer sur les skis pour l’adhérence lors des montées, vous pouvez en lire davantage sur le ski backcountry ICI. Nous partions ensuite pour le parc National de la Gaspésie, direction, sommet des Champs de Mars. La montée fut ardue, mais la journée était l’une des plus ensoleillées que nous avions vus depuis longtemps. Nous sommes arrivées au sommet des Champs de Mars remplie de fierté et fébrile comme jamais, et nous avons entamé notre toute première descente ; que de plaisir ! Le groupe s’est ensuite divisé en deux : celles qui souhaitaient faire une seconde descente et celles qui retournaient au chalet. Au final, tout le monde avait eu une journée d’enfer, et nous nous sentions plus que prêtes pour le lendemain.

 

Le jour suivant, nous devions aller au mont Hog’s Back. Kamille nous avait prévenu qu’il s’agissait d’une bonne ascension et nous nous étions donc préparées mentalement à une montée exigeante. L’ascension fut plus longue, mais la pente plus douce, c’est pourquoi la journée du dimanche s’est avérée plus facile que celle de la veille. En plus, il avait neigé tout l’avant-midi. Nous savions donc que la descente serait encore plus excitante. Nous avons rencontré des employés d’Avalanche Québec au sommet, qui nous ont conseillés sur les zones à emprunter et à éviter étant donné qu’ils avaient constaté des risques d’avalanches. Nous avons suivi Kamille dans la poudreuse et les sapins pour une longue descente de la montagne, et le ski hors-piste a pris tout son sens à ce moment précis ! C’était une sensation des plus agréables, on se sentait comme sur un nuage. Même si le temps était gris, nous avions le sourire aux lèvres et le cœur léger. Le ciel s’est même dégagé le temps d’une pause au milieu de la montagne. Bref, la deuxième journée s’est révélée être un succès, tout comme la première.

Deux constats se sont dégagés de ce voyage. D’une part, nous sommes souvent portés à vouloir voyager là où l’exotisme se trouve alors qu’en réalité, nous avons des merveilles dans notre propre province. Le parc National de la Gaspésie est sans doute l’un des plus beaux endroits que j’ai eu la chance de visiter au Québec et mérite, selon moi, d’être vu par les gens d’ici. D’autre part, lors de nos deux jours d’expédition, j’ai remarqué qu’il y avait autant d’hommes que de femmes sur les pistes. Le mythe selon lequel les femmes font moins de plein air que les hommes m’apparait ainsi de plus en plus faux. Et si ce mythe s’avérait être vrai, serait-ce la faute des médias ?

Donc à toi, cher Redbull, ou toute autre entreprise de renom qui promeut le sport, cesse de ne montrer que des hommes ! Et à vous les femmes, continuez d’aller jouer dehors, vous êtes hot !

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Merci à Laurence, Judith, Clara,  Véronique et Kamille de m’avoir suivi dans cette aventure.

Ana-Brigitte Poveda

 

 

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