Texte de notre collaborateur Félix Garon

Des amis nous ont récemment demandé, à ma copine Justine et moi, de les initier à la randonnée d’hiver dans les montagnes blanches et nous avons accepté volontiers. Nous leur avons donc proposé deux choix parmi nos randonnées « coup de cœur » : Le premier choix étant de faire la « Franconia loop » qui parcourt plusieurs sommets dont le populaire Mont Lafayette (5260′ d’altitude) et le deuxième choix, non le moindre, de partir à la découverte du Mont Washington (6288′ d’altitude), le plus haut sommet du Nord-Est des États-Unis. Étant audacieux, ils n’ont pas hésité à opter pour le deuxième choix. D’abord, nous les avons informés des risques que cette randonnée comporte et je me suis assuré de leur exposer les dangers que cette montagne représente. Nous avons donc réuni le matériel nécessaire pour la sécurité de chacun.

Un arrêt au centre d’information « Pinkham Notch » s’imposait, car en effet, ce centre de découverte offre l’information nécessaire sur les conditions actuelles des sentiers, les risques d’avalanche, l’équipement nécessaire, les prévisions météorologiques et même la température en direct du sommet du Mont Washington. Nous avons parlé à un employé de notre intention de faire l’ascension du Mont Washington le lendemain. Il s’est aussitôt opposé à notre projet prétextant qu’on annonçait des vents de plus de 100 km/h. De plus, selon lui, les conditions des dernières semaines auraient transformé le Mont Washington en un énorme « bloc de glace ». Il a ajouté qu’il serait imprudent de tenter cette randonnée.

Nous nous sommes donc consultés. Sceptiques quant à l’intensité de ses avertissements, je suis retourné le voir,  lui expliquant que je connaissais bien les températures de ces montagnes ayant déjà effectué 23 randonnées en hiver dans cette région. De plus, Justine et moi avions déjà gravi ce sommet l’hiver dernier. L’employé a aussitôt changé son discours, réalisant que nous étions expérimentés. Je crois que le nombre d’accidents de Québécois dans ces montagnes nous donne « mauvaise réputation ». Il nous a alors indiqué qu’avec le bon équipement et un brin de jugement, nous pourrions essayer d’entamer le sentier à condition de rebrousser chemin si les conditions venaient à se détériorer. Même si nous étions tous équipés d’un piolet, les « microspikes » que nous avions apportés nous chaussaient inadéquatement. Nous sommes donc allés louer des bottes et des crampons chez IME, à North Cornway tel que recommandé.

Nous avons amorcé le sentier à 5H45 et même en bas, les vents étaient intimidants. Nous sommes devenus aussitôt perplexes quant à notre atteinte du sommet.

 

Le premier défi s’est présenté au tout début du sentier nommé Lion’s Head. En effet, cette courte partie a nécessité le piolet et les crampons puisque le sentier devint rapidement technique et très escarpé. Il est important à noter que le sentier Lion’s Head n’est pas le même l’hiver que l’été. En effet, l’hiver, les balises sont déplacées afin d’éloigner le sentier de « Tuckerman Ravine », un endroit réputé pour ses avalanches.

Après avoir passé cette section, nous sommes rapidement sortis de la ligne des arbres, et là, nous nous sommes retrouvés dans la section la plus exposée aux vents. On a alors pensé devoir rebrousser chemin. Nous nous sommes arrêtés, pour enfiler une cagoule et nos lunettes de skis pour finalement prendre la décision de continuer.  La visibilité était restreinte par les vents qui balayaient  la neige. Je n’étais pas inquiet pour autant, puisque je garde toujours sur moi un équipement que je juge obligatoire dans de telles conditions, un GPS portatif. Il permet de bien s’orienter même si la visibilité est nulle. Nous avons rapidement constaté que la location des crampons avait été un choix sécuritaire. Nos « microspike » n’auraient pas fait le poids face à cette épaisse couche de glace qui recouvrait le sentier.

 

Peu de temps après, nous sommes arrivés à la dernière section de l’ascension. Cette section peut être assez longue quand la visibilité est mauvaise, puisque la destination est imperceptible. Cette section est extrêmement rocheuse, et même les balises, appelées Cairn, sont faites de roches. Après un moment, nous sommes enfin arrivés sur la route qui mène au sommet du Mont Washington! À partir de là, il ne restait qu’une cinquantaine de mètres pour arriver au sommet. La température y était impressionnante, les bourrasques de vents sifflaient dans nos oreilles et la visibilité était toujours nulle mais ça rendait l’expérience unique ! À cet instant-même, les instruments du centre météorologique du Mont Washington enregistraient des rafales de vents atteignant une vitesse maximale de 82 mph (130 km/h).

 

Par la suite, nous avons entrepris la descente qui fût relativement rapide et agréable.

Chaque année, beaucoup trop d’accidents surviennent en montagne, particulièrement sur le mont Washington, dus aux conditions climatiques instables qui peuvent rapidement changer à tout moment.

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Sommet du Mont Washington à 1917m d’altitude

Nos amis ont bien aimé l’expérience et apprécié l’ampleur du défi. Cette montagne est magnifique et offre un panorama exceptionnel ainsi qu’une fierté d’accomplissement pour qui se met au devoir de s’y aventurer intelligemment et de se renseigner convenablement sur les dangers que son ascension peut comporter.

Félix Garon
Collaborateur, Les Montagnards

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