Pays mythique surtout connu pour son histoire, ses îles paradisiaques, ses mets succulents, mais pas nécessairement pour ses randonnées en montagne. Pourtant, elles valent vraiment le détour.

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En mai dernier, quatre amies et moi avons décidé d’affronter ces montagnes délaissées en nous consacrant à la Boucle de Zagorie située dans le Massif du Pinde, au Nord-Ouest de la Grèce. Notre but était de relier 3 villages, soit Monodhendri, Megalo Papingo et Tsepelovo : une distance de 45 km en 3 jours. Un beau défi pour une première longue randonnée – enfin, longue pour nous !

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Pour nous rendre au premier village, nous avons pris un bus (trop) matinal en partance de Ionnina. Le trajet nous a permis de voir le soleil se lever et éclairer les premières montagnes que nous devions traverser. Le souffle coupé était déjà au rendez-vous. La première journée fut consacrée à la traversée des fameuses gorges de Vikos, les plus profondes d’Europe. Une marche assez modérée pour les 13 premiers kilomètres qui ne font que longer les gorges, nous faisant voir des paysages sublimes évoquant ceux du Seigneur des anneaux ou de Jurassic Park. Peu fréquenté par les humains, le sentier était cependant peuplé par le chant de milliers d’oiseaux. Les 2-3 derniers kilomètres, par contre, ne furent qu’une abrupte montée afin de rejoindre le village de Megalo Papingo. Une ascension difficile où nous avons même croisé, à même le sol, une tête de chèvre fraîchement coupée ! Une chance que ce village, entièrement fait de pierres et d’ardoises et surplombé par le Mont Astraka, en valait vraiment la peine.

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Après un repos bien mérité, le deuxième jour nous réservait l’ascension du Mont Astraka afin de rejoindre notre refuge situé à 1 900m d’altitude. Une brève montée de 2-3 heures assez ardue, mais qui offre une vue imprenable sur le massif du Pinde ! (Cette randonnée peut se faire en une journée aller-retour au départ de Mikro Papingo.) Le refuge du Mont Astraka est vraiment super : bonne nourriture, peu onéreux, service agréable et vue indescriptible. Après avoir repris un peu d’énergie, j’ai réussi à convaincre les filles de marcher une petite heure de plus pour nous rendre au lac Drakolimni (Lac aux dragons qui sont en faits des salamandres !!). Endroit de détente super agréable, avec une petite baignade en prime.

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Le programme de la dernière journée consistait à rejoindre le plus gros village des Zagoris, Tsepelovo. Nous partîmes donc au lever du soleil avec la quasi-totalité des autres randonneurs du refuge, pour entreprendre une belle marche sur des plaines rocheuses baignées dans une lumière sublime. Nous nous retrouvâmes bien vite accompagnées par des colonies de mouches issues des fermes à proximité. Au moment de déboucher sur une nouvelle vallée, deux chemins s’offrirent à nous. Faute de carte, nous avons décidé de suivre un couple suisse qui voulait couper à travers la montagne au lieu de suivre la vallée. Ça devait être un raccourci ! Tout heureuses, nous avons repris de l’allure et même dépassé nos « guides ». Grosse erreur. Tout en voyant de loin notre destination, nous nous sommes écartées du chemin balisé et égarées. Après plus d’une heure de descente assez ardue, nous avons fini par être bloquées par un énorme ravin. Que faire ?

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L’idée de longer le ravin afin d’y trouver un passage s’est imposée. Avec nos sacs à dos, il n’y avait rien de plus facile – lisez bien le sarcasme ici, merci. Au bout d’une heure à longer le ravin tout en descendant, nous avions presque perdu espoir de trouver une porte de sortie. Ça devenait de plus en plus dangereux et – cerise sur le gâteau -, nous n’avions plus d’eau ! Partie en éclaireuse, l’une de nous trouva un petit chemin de pierres entassées descendant jusqu’au bas du ravin. Pour le rejoindre, il nous fallait descendre, sur le vif, une paroi rocheuse très à pic. Oui, la Faucheuse riait dans sa barbe (si elle en a une ?)… Bizarrement, j’ai bien aimé cette montée d’adrénaline ! Heureusement, car j’allais en avoir bien besoin pour la descente de pierres. Oui, pendant une longue heure, nous nous sommes coupées, écorchées, frappées – name it – sur ces foutues roches. Par contre, l’arrivée à destination, dans les bras et les mots doux des unes et des autres, fut le plus beau des baumes pour clore notre aventure dans les montagnes grecques !

 Élisabeth Arsenault

 

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